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Vente à terme immobilière : définition, fonctionnement et conditions
Vous avez un projet immobilier bien défini et le montage financier, mais il vous manque le financement bancaire pour concrétiser l’acquisition ? La vente à terme peut être la solution adaptée. Si vous ne remplissez pas toutes les conditions pour obtenir un prêt immobilier traditionnel, cette solution permet d’acheter un bien en échelonnant directement les règlements auprès du propriétaire.
Dans cet article, nous détaillons ce mécanisme : définition, différences avec le viager, déroulement pratique, simulation chiffrée et points de vigilance.
Qu’est-ce que la vente à terme ?
La vente à terme est un type de vente immobilière où l’acquéreur ne règle pas la totalité du prix immédiatement. À la signature de l’acte authentique chez le notaire, il verse un premier montant appelé bouquet, représentant généralement 20 à 40% du total. Ce versement initial procure au cédant des liquidités immédiate. Le solde restant est ensuite payé sous forme de mensualités échelonnées sur une période contractuelle fixe, généralement entre 10 et 15 ans.
Ce système fonctionne comme un crédit direct : aucun établissement bancaire n’intervient, donc aucun intérêt financier n’est facturé. Vous évitez ainsi les frais de dossier et les coûts liés à une garantie hypothécaire classique. La propriété est transférée immédiatement à l’acheteur dès la signature, même si le règlement s’étale dans le temps.
Le principal avantage de ce dispositif est sa simplicité et sa prévisibilité :
Contrairement à la vente en viager où la durée dépend du décès du vendeur, ici le montant total et la période sont fixés dès le départ
Les frais de notaire s’appliquent normalement : droits de mutation (environ 5-6% dans l’ancien) et émoluments (environ 1-2%), soit un total de 7 à 8% du prix.
Configuration libre ou occupée : quelles différences ?
La vente à terme peut prendre deux formes, selon la disponibilité du logement. Ce choix a impact sur le prix et l’usage du bien, tant pour le vendeur que pour l’acquéreur.
La vente à terme libre
L’acquéreur dispose immédiatement du bien (maison ou appartement) et peut l’occuper, le louer ou le revendre dès la signature. C’est une stratégie efficace pour réussir l’achat de votre maison ou appartement si vous disposez d’un apport conséquent mais de revenus irréguliers (indépendants, chefs d’entreprise). Cette option convient aux cédants ayant déjà quitté les lieux.
La vente à terme occupée
Le cédant conserve un droit d’usage et d’habitation (DUH) pendant toute la période des règlements. Il continue donc à vivre dans son logement sans payer de loyer. En contrepartie, une décote (20 à 50% selon les cas) est appliquée sur la valeur vénale. Cette réduction compense le fait que l’acheteur ne peut pas posséder immédiatement le bien. Le calcul de la décote tient compte de l’âge du cédant, de la valeur locative et de la durée prévue d’occupation.
Concernant les charges : en configuration occupée, l’occupant paie généralement les charges courantes et l’entretien courant, tandis que le nouveau propriétaire assume les gros travaux et les charges exceptionnelles.
| Critères | Vente à terme LIBRE | Vente à terme OCCUPÉE |
|---|---|---|
| Jouissance du bien |
Immédiate
Dès la signature
|
Différée
Vendeur conserve le DUH
|
| Prix d'achat | 100% Valeur vénale (Prix du marché classique) |
Décote importante
-20% à -50% sur la valeur
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| Usage Acquéreur |
Totale liberté
Habiter, Louer ou Revendre
|
Investissement
Capitalisation sans loyers
|
| Charges & Travaux |
100% acquéreur
Comme un achat classique
|
Partagées
Vendeur paie l'entretien courant
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| Profil vendeur type | Logement libre Ou résidence secondaire |
Besoin de liquidités Et maintien à domicile |
Comment se déroule une vente à terme
Étape 1 : Évaluation et calcul de la valeur vénale
Le point de départ est la valeur vénale sur le marché local. Cette évaluation se base sur les transactions récentes de biens comparables dans le secteur. Pour une vente à terme occupée, le notaire applique ensuite une décote correspondant au droit d’usage et d’habitation selon des barèmes actuariels reconnus.
Étape 2 : Répartition bouquet et échéances
Le bouquet est librement négocié entre les parties, généralement entre 20 et 40% du total. Un bouquet élevé réduit les mensualités mais nécessite plus d’apport initial. Le solde est divisé par le nombre de mois pour obtenir l’échéance.
Étape 3 : Signature de l’acte authentique et clauses
Le notaire rédige l’acte qui précise tous les éléments : montant total, bouquet, calendrier des versements, indexation éventuelle, répartition des charges, et surtout la clause résolutoire qui protège le cédant en cas de défaut. Cette clause prévoit qu’après mise en demeure restée sans effet, l’opération peut être résolue automatiquement : le cédant récupère le bien tout en conservant les sommes déjà perçues.
Concernant les taxes : en configuration occupée, la taxe foncière reste généralement à la charge du nouveau propriétaire, tandis que la taxe d’habitation (quand elle existe encore) est payée par l’occupant.
| Vente à Terme | Viager Classique | |
|---|---|---|
| Durée de paiement |
FIXE & CONNUE
Définie au contrat (ex: 15 ans)
Aucune surprise sur la fin
|
ALÉATOIRE
Jusqu'au décès du vendeur
L'acheteur parie sur la longévité
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| Coût total d'achat |
GARANTI
Connu dès la signature
Budget maîtrisé à l'euro près
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INCONNU
Peut exploser si longévité
Risque de surpayer le bien
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| En cas de décès |
PAIEMENT MAINTENU
Rente versée aux héritiers
Jusqu'à la fin du contrat prévu
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PAIEMENT STOPPÉ
Rente s'arrête net
Gain financier pour l'acheteur
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| Fiscalité (Vendeur) |
NON IMPOSABLE
Exonéré d'impôt
Considéré comme paiement échelonné
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IMPOSABLE
Rente taxée partiellement
Abattement selon l'âge (30 à 70%)
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Simulation concrète d’une vente à terme
Prenons l’exemple de M. Martin qui cède son appartement de 3 pièces à Lyon, valorisé à 300 000€ en vente à terme libre.
Chiffres clés :
- Valeur vénale : 300 000€
- Bouquet versé comptant : 75 000€ (25%)
- Solde à échelonner : 225 000€
- Durée : 12 ans (144 mois)
- Mensualité : 1 560€ (225 000/144)
Pour M. Martin (cédant) : Il perçoit 75 000€ immédiatement, pour financer un nouveau logement et constituer une épargne de précaution, puis 1 560€ par mois pendant 12 ans, soit un complément de revenus régulier et non imposable.
Pour l’acquéreur : Il constitue son patrimoine sans crédit bancaire ni intérêts. Sur un prêt classique de 225 000€ à 4% sur 12 ans, il aurait payé environ 80 000€ d’intérêts en plus. De plus, il n’a pas besoin de souscrire ni de renégocier son assurance emprunteur, ce qui représente une économie supplémentaire significative.
Avantages et risques en 2026 : analyse détaillée
Les avantages pour les vendeurs (cédants)
- Bouquet immédiat procurant des liquidités pour un nouveau projet.
- Versements réguliers non imposables constituant un complément de revenus stable.
- Possibilité de conserver le DUH (droit d’usage et d’habitation) en configuration occupée.
- Transmission sécurisée : les héritiers touchent le solde en cas de décès avant le terme.
- Fin des contraintes de gestion locative (recherche locataires, impayés, travaux).
Les avantages pour les acheteurs (acquéreurs)
- Acquisition sans crédit bancaire ni intérêts financiers.
- Montant total connu dès la signature, sans aléa.
- Accès à la propriété malgré les critères stricts de 2026 (endettement 35%, apport 10%).
- Propriété immédiate même avec règlement échelonné.
- Possibilité de revendre avant la fin des versements.
Les risques à anticiper en 2026
Le marché immobilier français reste contrasté en 2026, avec des tensions dans les grandes métropoles mais des corrections dans certaines zones.
- Pour l’acquéreur : Le principal risque concerne une baisse de la valeur du bien pendant la durée du contrat. Si le marché local se replie de 15-20%, l’acheteur aura payé un bien devenu moins cher.
- Pour le cédant : Le risque porte sur la solvabilité de l’acquéreur à long terme. Une perte d’emploi, une maladie ou des difficultés financières peuvent compromettre les versements. La clause résolutoire protège dans ce cas : le cédant récupère le bien et conserve les sommes versées, mais la procédure peut être longue et coûteuse.
- Inflation : La valeur des mensualités fixes peut diminuer avec le temps. Une indexation peut être prévue mais elle entraînera alors une hausse des échéances pour l’acquéreur.
FAQ – Questions fréquentes sur la vente à terme
Que se passe-t-il en cas de décès du cédant avant la fin du contrat ?
Les héritiers « prennent la place du cédant » et continuent à percevoir les mensualités jusqu’au terme prévu dans l’acte authentique. Le contrat n’est pas interrompu et l’acquéreur reste pleinement propriétaire.
Peut-on revendre un bien acheté avant la fin des versements ?
Oui, l’acquéreur peut revendre à tout moment en soldant le capital restant dû au cédant initial, ou en organisant via le notaire un transfert du contrat au nouvel acquéreur.
Le bouquet est-il obligatoire dans cette transaction ?
Aucune obligation légale, mais il est quasi systématique en pratique. Son montant se négocie selon les besoins de liquidités du cédant et la capacité d’apport de l’acheteur.
Comment le cédant est-il protégé en cas d'impayé ?
La clause résolutoire de plein droit prévoit qu’après mise en demeure sans effet, l’opération est automatiquement résolue : le cédant récupère le bien en pleine propriété et conserve le bouquet et toutes les mensualités déjà versées à titre d’indemnité.

