Lease back : Comprendre et utiliser ce financement
27 avril 2026
risques-illustration

Le lease-back : libérez des liquidités sans quitter votre bien

Vous êtes propriétaire d’un bien immobilier ou d’équipements professionnels, mais vos liquidités ne suivent plus. Le lease-back vous permet de vendre vos actifs tout en continuant à les utiliser, tout en récupérant immédiatement des liquidités. Voici tout ce que vous devez savoir avant de vous lancer.

Ce qu’il faut retenir

  • Le lease-back vous permet de vendre un bien et de continuer à l’utiliser via un contrat de location, avec une option de rachat en fin de contrat.
  • Cette solution s’adresse aussi bien aux entreprises qu’aux particuliers propriétaires, à condition d’avoir une situation financière saine.
  • Les loyers versés sont déductibles du résultat imposable, et la plus-value peut être étalée fiscalement sur toute la durée du contrat.

Qu’est-ce que le lease-back ?

Le lease-back, ou cession-bail en français, est une opération en deux temps. Vous vendez un actif, un bien immobilier, un véhicule ou un équipement à un organisme de financement. Cet organisme vous le loue immédiatement, avec une option d’achat en fin de contrat.

Vous continuez à utiliser votre bien normalement. Et vous récupérez des liquidités sans avoir à quitter les lieux.

C’est une solution de refinancement, pas une vente définitive.

Quelle est la différence entre un lease-back et un crédit-bail ?

Les deux mécanismes reposent sur un contrat de location avec option d’achat. Mais ils ne répondent pas au même besoin.

Le crédit-bail sert à financer une acquisition nouvelle. Vous n’êtes pas propriétaire du bien au départ. Un organisme l’achète à votre place et vous le loue. Vous n’avez pas eu à débourser le prix d’achat.

Le lease-back, lui, transforme un actif que vous possédez déjà en liquidités. Vous vendez votre bien à un organisme de financement, qui vous le reloue immédiatement. C’est cette vente préalable qui génère des liquidités.

En résumé : le crédit-bail finance ce que vous n’avez pas encore. Le lease-back débloque la valeur de ce que vous avez déjà.

Tableau comparatif entre le lease back et le crédit bail

Comment fonctionne un lease-back ?

L’opération suit un processus précis qu’il faut bien comprendre avant de s’engager.

 

Les étapes clés d’une opération de cession-bail

1

Identification des actifs éligibles

Vous recensez les biens concernés : immobilier professionnel, matériel, équipements. Chaque actif fait l'objet d'une évaluation indépendante pour déterminer sa valeur vénale.

2

Montage du dossier

Vous présentez votre situation financière à l'organisme de financement pour valider la faisabilité du projet.

3

Signature du contrat

Le contrat fixe le prix de cession, le montant des loyers, la durée et les conditions de l'option d'achat. Ces éléments restent fixes pendant toute la durée de l'opération.

4

Versement des fonds

Une fois la cession effective, les liquidités sont versées sur votre compte. Pour l'immobilier, les versements peuvent être mensuels, trimestriels ou semestriels.

5

Fin de contrat

À l'échéance, vous pouvez lever l'option d'achat et redevenir propriétaire de vos actifs au prix défini dès le départ.

Qui peut recourir au lease-back ?

Le lease-back s’adresse en priorité aux entreprises qui possèdent des actifs corporels significatifs et qui ont besoin de liquidités sans passer par un crédit bancaire classique.

Pour les particuliers, il s’applique principalement dans un contexte patrimonial. Il peut concerner un bien immobilier, avec des conditions spécifiques selon la nature du bien et son usage.

Ce qui le rend particulièrement intéressant : il est accessible à des profils que les banques refusent souvent.

Les entreprises éligibles sont notamment :

  • Les sociétés en bonne santé financière qui souhaitent diversifier leurs sources de financement sans s’endetter davantage
  • Les entreprises en stop encours bancaires, c’est-à-dire dont les banques ont gelé les lignes de crédit
  • Les sociétés avec un profil financier jugé risqué par les établissements traditionnels
  • Les entreprises gérées en affaires spéciales, en contentieux ou sous surveillance bancaire renforcée
  • Les sociétés en plan de continuation, en conciliation ou en phase de retournement
  • Les entreprises dont les actifs ne sont pas éligibles aux financements bancaires classiques : incorporels, logiciels, matériels récents, équipements d’occasion ou retrofit

💡 Le lease-back est accessible à toutes les tailles d’entreprises, sans restriction de secteur. Ce qui compte, c’est la valeur des actifs à céder, pas uniquement la solidité du bilan. Pour les entreprises en difficulté structurelle, consultez notre article dédié

 

Les différents types de lease-back

Le lease-back immobilier

C’est la forme la plus courante. Une entreprise propriétaire de ses locaux professionnels, bureaux, entrepôts, locaux commerciaux, les cède à une société de crédit-bail et les reprend immédiatement en location.

Le financement peut couvrir jusqu’à 80 % de la valeur estimée du bien, pour une durée généralement comprise entre 7 et 15 ans. Les droits d’enregistrement sont réduits, environ 0,715 % au lieu de 7 à 8 % pour une cession classique, en vertu de l’article 1594 F quinquies du Code général des impôts.

Le lease-back automobile

Le lease-back sur véhicule permet à une entreprise de céder sa flotte automobile à un organisme de financement, puis de la reprendre en leasing. C’est une façon de transformer un actif immobilisé en trésorerie disponible, tout en conservant l’usage des véhicules au quotidien.

Cette solution est particulièrement adaptée aux entreprises dont la flotte représente une valeur significative au bilan.

Le lease-back sur équipements professionnels

Le même mécanisme s’applique à vos machines, matériels industriels ou équipements informatiques. Vous cédez vos actifs à un organisme spécialisé, qui vous les loue avec une option de rachat en fin de contrat.

C’est une solution de refinancement efficace pour les entreprises dont les équipements ont été achetés comptant et dont la valeur reste significative.

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Clés

Les avantages du lease-back

Des liquidités immédiates sans vente définitive

C’est le premier avantage. Vous transformez un actif immobilisé en liquidités disponible, sans perdre l’usage du bien. Pour une entreprise, cela peut financer un investissement, couvrir un besoin de trésorerie ou restructurer un passif.

Un endettement maîtrisé

Le lease-back n’apparaît pas comme une dette bancaire classique au bilan. Il allège la structure financière de l’entreprise sans dégrader son endettement.

Une fiscalité avantageuse

Les loyers versés dans le cadre d’un contrat de crédit-bail sont déductibles du résultat imposable en tant que charges d’exploitation. C’est un avantage fiscal direct, qui réduit la base imposable de l’entreprise.

L’étalement de la plus-value

La plus-value réalisée lors de la cession n’est pas taxée en une seule fois. Depuis la loi de finances pour 2021, elle peut être étalée par parts égales sur toute la durée du contrat de crédit-bail, dans la limite de 15 ans. Cela évite un choc fiscal immédiat.

Le rachat garanti à prix fixe

Le prix de rachat en fin de contrat est défini dès la signature. Vous savez exactement à quel prix vous pouvez redevenir propriétaire. Aucune surprise.

Les risques et limites à connaître

Le lease-back présente des avantages réels. Mais il comporte aussi des contraintes qu’il faut anticiper.

Vous n’êtes plus propriétaire pendant toute la durée du contrat

Si vous ne levez pas l’option d’achat à l’échéance, vous perdez définitivement votre bien. Cette décision doit être anticipée bien avant la fin du contrat.

Les loyers représentent un engagement long terme

Un contrat de 7 à 15 ans, c’est une charge fixe sur la durée. Si votre activité ralentit, ces loyers peuvent peser sur votre trésorerie.

L’éligibilité n’est pas garantie

Un bilan dégradé, une cotation Banque de France insuffisante, ou un bien en mauvais état peuvent conduire à un refus. L’opération est réservée aux structures en bonne santé financière.

Le coût global peut dépasser celui d’un crédit classique

Sur la durée totale, le cumul des loyers peut revenir plus cher qu’un emprunt bancaire classique. Il faut comparer les deux options avant de décider.

Quelles sont les implications fiscales et comptables ?

Comment comptabiliser un lease-back ?

Dans les comptes de l’entreprise, l’opération se traduit en deux étapes. La vente du bien génère une plus-value comptable, qui peut être étalée sur la durée du contrat grâce au dispositif fiscal prévu par la loi. Les loyers versés ensuite sont enregistrés comme charges d’exploitation, déductibles du résultat.

Au bilan, l’actif immobilisé disparaît à la cession. Il est remplacé par des liquidités. Les loyers futurs constituent un engagement hors bilan à mentionner dans les annexes comptables.

⚠️ Les règles de comptabilisation peuvent varier selon le référentiel applicable à votre entreprise (normes françaises ou IFRS). Un expert-comptable doit être consulté avant toute opération.

Sur la TVA Les loyers versés dans le cadre d’un crédit-bail immobilier sont soumis à la TVA. Selon votre activité, cette TVA peut être récupérable. C’est un point à vérifier en amont avec votre conseil.

FAQ
Questions les plus fréquentes sur le lease-back

À propos de l'auteur

Anthony Bernard a co-fondé Apirem en 2019 et occupe depuis le poste de Directeur Général de cette entreprise spécialisée dans les solutions immobilières alternatives notamment la vente à réméré et le portage immobilier. Fort d'une expérience solide dans les domaines de l'immobilier et du crédit, il apporte une vision stratégique complète des enjeux du secteur.

Anthony Bernard

Directeur Général, Apirem

Quelle est la différence entre un lease-back et un crédit-bail ?

Dans un crédit-bail, vous financez un bien que vous n’avez jamais possédé. Dans un lease-back, vous étiez déjà propriétaire du bien. Vous le cédez à un organisme de financement, qui vous le loue immédiatement. C’est cette cession préalable qui génère les liquidités et distingue les deux mécanismes.

Qu'est-ce que le lease-back d'une voiture ?

Le lease-back automobile consiste à céder un véhicule déjà possédé à un organisme de financement, puis à le reprendre en leasing. L’entreprise conserve l’usage du véhicule et dégage des liquidités immédiates. Le loyer mensuel est déductible fiscalement.

Comment comptabiliser un lease-back ?

La cession génère une plus-value comptable, étalable sur la durée du contrat (jusqu’à 15 ans). Les loyers sont ensuite enregistrés en charges d’exploitation déductibles. L’actif disparaît du bilan à la vente et les engagements locatifs futurs figurent en annexe. Un expert-comptable doit accompagner l’opération.

Qu'est-ce qu'un bail back ?

Le bail back est simplement un autre nom pour désigner le lease-back, ou cession-bail. Les trois termes renvoient au même mécanisme : vente d’un actif à un organisme de financement, suivi d’une location immédiate du même actif avec option de rachat en fin de contrat.

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