Contrôle fiscal d’entreprise : définition et fonctionnement
7 août 2024
Contrôle fiscal d’entreprise : définition et fonctionnement

Qu’est-ce qu’un contrôle fiscal ?

Un contrôle fiscal est une vérification effectuée par l’administration fiscale pour s’assurer de la conformité des déclarations fiscales d’une entreprise. Ce processus permet à l’administration de détecter les fraudes fiscales et d’assurer le respect des obligations fiscales. Pendant ce contrôle, l’administration fiscale examine en détail la comptabilité de l’entreprise pour vérifier la véracité des déclarations d’impôts. Plusieurs entreprises reçoivent régulièrement un avis de vérification leur annonçant le début d’un contrôle fiscal. Elles doivent alors préparer leurs documents comptables et répondre dans les délais impartis aux demandes de l’administration fiscale. Les contrôles peuvent déboucher sur des redressements ou des pénalités si des anomalies sont constatées dans la comptabilité ou les déclarations fiscales de l’entreprise.

 

Les différents types de contrôle fiscal

Il existe plusieurs types de contrôles fiscaux :

  • Le contrôle sur pièces : Il s’agit d’une vérification des déclarations fiscales et des documents comptables envoyés par l’entreprise. Dans ce type de contrôle, l’administration fiscale analyse les informations transmises sans se déplacer dans les locaux de l’entreprise. Les agents de l’administration vérifient la cohérence et l’exactitude des données déclarées en se basant sur les factures, les livres de comptes et les déclarations d’impôt. En cas d’anomalies ou de doutes, l’entreprise peut recevoir un avis demandant des justificatifs supplémentaires ou des explications détaillées.

 

  • La vérification de comptabilité : Un agent de l’administration fiscale se rend dans les locaux de l’entreprise pour examiner les documents comptables sur place. Ce type de contrôle fiscal permet à l’administration d’effectuer une vérification approfondie des écritures comptables, des factures et des autres justificatifs. L’agent peut poser des questions directement aux responsables de la comptabilité et demander des éclaircissements sur certaines transactions.

 

  • L’examen contradictoire de la situation fiscale personnelle (ESFP) : Ce contrôle concerne les dirigeants de l’entreprise. L’administration fiscale procède à une vérification des revenus personnels des dirigeants pour s’assurer que ceux-ci correspondent bien aux déclarations fiscales. Ce type de contrôle est souvent déclenché lorsque l’administration suspecte des incohérences entre le niveau de vie des dirigeants et les revenus déclarés par l’entreprise.

 

À lire : Contrôle fiscal pour particulier : comprendre la procédure

 

Les étapes d’un contrôle fiscal

1. La notification du contrôle

Le contrôle fiscal commence par une notification envoyée à l’entreprise. Cette notification précise la nature du contrôle fiscal entreprise, la période concernée et les pièces à préparer. En général, l’avis de vérification mentionne le nom de l’inspecteur des impôts chargé du dossier. La notification de l’administration fiscale détaille également les éléments spécifiques qui seront examinés, tels que les déclarations d’impôt sur les sociétés, le chiffre d’affaires, et les papiers de comptabilité nécessaires pour la vérification de comptabilité.

2. La préparation du contrôle

Il est crucial de bien préparer cette étape en rassemblant toutes les informations demandées : factures, livres de comptes, déclarations fiscales, etc. Faire appel à un expert-comptable ou un avocat fiscaliste peut être judicieux pour s’assurer de la conformité des papiers et anticiper les questions de l’administration fiscale. Ces professionnels peuvent aider à organiser les justificatifs et à vérifier la comptabilité pour éviter toute erreur. Ils peuvent également conseiller sur les aspects spécifiques du contrôle fiscal entreprise, comme les obligations en matière de contrôle interne et les stratégies à adopter.

3. La phase de vérification

Durant cette phase, l’inspecteur examine en détail les documents comptables et fiscaux de l’entreprise. Il peut demander des explications supplémentaires ou des justificatifs complémentaires. Il est important de collaborer pleinement avec l’inspecteur pour éviter toute suspicion ou malentendu.

4. La proposition de rectification

À l’issue du contrôle, l’administration fiscale peut envoyer une proposition de rectification si elle constate des anomalies ou des erreurs dans les déclarations de l’entreprise. L’entreprise dispose alors d’un délai pour répondre et, si nécessaire, contester les rectifications proposées.

La durée d’un contrôle fiscal d’entreprise

Un contrôle fiscal n’a généralement pas de durée précise. Ainsi, les investigations peuvent durée aussi longtemps que nécessaire par les contôleurs.

Cependant, une exception s’applique à certaines entreprises. En effet, le contrôle fiscal ne peut excéder trois mois pour les entreprises dont le chiffre d’affaires annuel hors taxes ne dépasse pas 818 000 € (dans le cas de la vente de biens ou de la fourniture de logements) ou 247 000 € (pour les prestataires de services). Cette limite de durée est définie par l’article L52 du Livre des procédures fiscales.

Par ailleurs, il convient de noter que la limite de trois mois ne s’applique pas dans certaines situations. En cas de constatation de graves irrégularités dans la comptabilité de l’entreprise, la durée du contrôle peut être étendue à six mois. De même, si une enquête judiciaire pour fraude fiscale est ouverte ou si l’entreprise exerce une activité occulte, la limite de trois mois ne s’applique pas.

 

 

Quelles sont les santions liées à un contrôle fiscal d’entreprise ?

À l’issue d’un contrôle fiscal, les conséquences dépendent des résultats de l’examen des comptes de l’entreprise. Si l’administration fiscale considère que les comptes sont en règle, le contrôle se termine par un avis confirmant l’absence de redressement. En revanche, si des irrégularités sont relevées, une proposition de rectification est adressée à l’entreprise.

Lorsque l’erreur n’est pas liée à une mauvaise foi de l’entreprise, l’administration peut exiger le paiement de l’impôt dû, accompagné d’une pénalité de 10 % et d’intérêts de 0,2 % par mois de retard. Si l’erreur est jugée volontaire, la majoration peut atteindre 40 % en cas de manquement délibéré ou de mauvaise foi, et jusqu’à 80 % en cas d’abus de droit ou de fraude.

 

 

Comment se préparer à un contrôle fiscal ?

💡 Mettre en place un contrôle interne efficace

Un bon contrôle interne permet de s’assurer de la conformité des documents comptables et fiscaux avant même qu’un contrôle fiscal ne soit déclenché. Il est conseillé de réaliser des audits internes réguliers et de maintenir une comptabilité rigoureuse. Ces audits peuvent aider à identifier et à corriger les erreurs potentielles dans les déclarations, réduisant ainsi les risques.

📞 Faire appel à des professionnels

Collaborer avec un expert-comptable et un avocat fiscaliste peut grandement faciliter la gestion d’un contrôle fiscal. Ces professionnels connaissent bien les procédures et peuvent aider à éviter les erreurs coûteuses.

💼 Anticiper les demandes de l’administration

En cas de notification de contrôle fiscal, il est crucial de réagir rapidement. Il est également recommandé de répondre de manière précise et complète aux questions de l’inspecteur des impôts pour éviter les malentendus.

 

Questions fréquentes

 

L’administration a-t-elle le droit d’effectuer un contrôle à l’improviste ? Oui, lorsque l’administration fiscale estime que votre situation est critique et que certaines pièces pourraient disparaitre. Dans d’autres cas, elle doit vous tenir informé de son passage au moins 2 jours avant.
Quels documents sont généralement demandés lors d’un contrôle fiscal ? Lors d’un contrôle fiscal, l’administration fiscale peut demander diverses pièces, telles que les déclarations fiscales, les livres de comptes, les factures, les relevés bancaires, les bulletins de paie, et toute autre pièce justificative liée à la comptabilité de l’entreprise. Il est important de rassembler et d’organiser ces documents à l’avance pour faciliter le processus.
Combien de temps dure un contrôle fiscal ? La durée du contrôle fiscal peut varier en fonction de la complexité de l’entreprise et de la période examinée. En général, un contrôle fiscal peut durer de quelques semaines à plusieurs mois. L’administration fiscale doit respecter certains délais de prescription, ce qui limite la période pendant laquelle elle peut enquêter.
Puis-je contester la décision rendue à l’issue du contrôle fiscal ? Oui, vous disposez d’un délai de 30 jours pour contester la notification de redressement du fisc. Ce délai peut être prolongé de 30 jours supplémentaires sur demande. Pour contester, vous devez envoyer un courrier ou un courriel, en expliquant et justifiant votre position.
Existe-t-il un contrôle fiscal pour les auto-entreppreneurs ? Oui, un contrôle fiscal peut également concerner les entreprises individuelles, y compris les auto-entrepreneurs. Bien que leurs obligations comptables soient simplifiées, ils doivent néanmoins tenir une comptabilité, et l’administration fiscale peut vérifier la conformité de leurs déclarations, soit à distance, soit sur place, en comparant notamment le chiffre d’affaires déclaré avec leur train de vie.

 

Anticipez votre situation

Le contrôle fiscal entreprise est une procédure courante mais redoutée par les entreprises. En comprenant bien son déroulement et en se préparant adéquatement, il est possible de gérer cette étape sereinement. Pour en savoir plus sur les aspects fiscaux et sociaux, nous vous invitons à lire notre article à ce sujet.

Par ailleurs, il est également important de comprendre que certaines entreprises peuvent faire face des difficultés en rapport à des redressements fiscaux importants. Ainsi, la vente à réméré est une solution rapide et efficace pour rembourser vos dettes et débloquez des liquidités rapidement.

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